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Interview de Jérome Rousselet,jérome

auteur de notre dernière pièce, Ça laisse un espoir.

 

  • Pourquoi ce sujet?

J'ai choisi ce sujet parce qu'il me tenait vraiment à coeur. Je trouve qu'en ce moment, peu de choses sont faites sur le sujet alors qu'il me semble des plus important.

  • Avez-vous écrit la pièce Ca laisse un espoir en fonction de la personnalité des 7 comédiens?

C'est vrai que la personnalité et l'affection que j'ai pour les comédiens m'a évidement influencé. Je suis cependant allé chercher des choses qu'ils n'avaient pas forcément en eux de façon évidente.

  • Est-ce que, aujourd'hui, en voyant la mise en scène, vous voudriez changer quelque chose au texte?

Je crois qu'une mise en scène est avant tout un parti pris subjectif ; tout comme l'écriture d'un spectacle. Ce qui est important c'est de savoir ce qu'on veut donner au public, c'est à ça qu'il faut se raccrocher. Ensuite, la façon d'y parvenir reste, comme je le disais plus haut, subjectif. Lorsque j'ai vu le spectacle, j'ai été très heureux car la joyeuse troupe a bien capté l'esprit de la pièce. Il y a eu des choses qui ont bien fonctionné à la première et beaucoup moins à la deuxième et réciproquement. Cela m'a rassuré sur l'écriture. Je pense que le texte fonctionnera dans son ensemble lorsque les comédiens se seront libérés de leur containtes techniques inérentes aux premières représentations.

  • Est-ce ainsi que vous imaginiez la pièce mise en scène?

Je n'imaginais pas la mise en scène parce que je savais que de toutes façons Jacques et son équipe avaient le talent et l'expérience. Je me suis efforcé d'attendre patiemment la première sans à priori. Il y a certains choix de mise en scène qui rendent plus difficile la transmission du texte mais je pense qu'ils ont raison d'essayer. C'est à eux maintenant de paufiner certaines choses. Je leur fais confiance.

  • Avez-vous un personnage préféré?

Je n'ai pas à proprement parlé de personnage préféré même si le "point central" me semble inévitablement mon chouchou. Le travail formidable des costumes et la qualité de l'interprétation des sept comédiens donnent une superbe osmose au niveau du groupe. Mais ça, on le savait depuis longtemps.

  • Avez-vous un autre texte en préparation? (si oui, peut-on en savoir plus?)

Pour l'instant je n'ai que de vagues projets. L'écriture, aussi mineure soit elle, demande une grande disponibilité et un point d'ancrage fort au niveau de ce que l'on veut raconter.En tous cas c'est mon avis, les choses sont surement différentes pour d'autres auteurs plus confirmés.

Propos recueillis par Abellia Moullé, après les premières représentations de février 2006.

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Les commentaires de Jacques MORIN,jacko

metteur en scène et comédien de Ça laisse un espoir, à propos des premières représentations.

(Attention! Quand Jaco s'explique, il ne le fait pas en deux mots!)

"Nous avons annulé les deux premières prévues car je pensais bien que nous serions "à la bourre" et surtout en manque de confiance, ce qui est quand même un élément important de la réussite d'une production. Mais je pensais bien être prêt pour le 11 février... et nous l'étions, de mon point de vue. Alors, maintenant, la grosse difficulté,c'est d'arriver à fédérer les énergies, à faire en sorte que tout le monde - qui ne fonctionne pas au même rythme- arrive au même tempo au jour J. Tout le monde au même endroit en même temps, et garder cette forme d'osmose pour tout le temps des représentations. Pour cela il faut qu'il y ait suffisament de temps, mais pas trop afin de garder une certaine pression qui "révélera" l'énergie nécessaire au bon moment. Et la cible est ténue car lorsque l'on est prêt trop tôt, le risque de gamberge existe ( "T'es sûr que c'est bon ça? Je ne trouve plus, il faudrait peut-être changer?.."). Piège courant.

À l'heure de la première nous étions juste prêts. Mais pas en pleine confiance néanmoins. Il nous manquait un ou deux filages. Nous avons donc joué la première en sous-régime: c'était propre, mais cela manquait de punch. Il est clair que tout le monde redoutait la faute (le trou, la mauvaise réplique, l'accessoire récalcitrant ...) . Bref et pardon pour la trivialité, nous étions très "cul-serré"... Nous nous sommes relâchés le lendemain avec comme conséquences des "pétouilles" de texte ou de placement mais une plus grande énergie et un bien meilleur rythme. Sur le coup, nous étions catastrophés ("Oh lala, c'était nul, j'ai planté une réplique, etc, etc,...") mais Jérôme nous a tout de suite rassuré: c'était mieux que la veille.

Après décorticage de la vidéo, nous pouvons finalement être satisfait: il y a encore beaucoup de travail à faire, mais la pièce est quasiment "bordée": c'est à dire qu'elle est suffisament calée, que l'osmose entre les comédiens est assez grande pour faire face aux difficultés imprévues. Cela veut dire que nous allons pouvoir nous re-faire plaisir, ce qui n'était pas arrivé depuis le premier filage. Chouette! En ce qui concerne le public, l'accueil a été plutôt conforme à ce que j'attendais: satisfait dans l'ensemble, appréciant la scénographie et surtout le travail effectué sur les costumes, mais pas complètement enthousiaste non plus. Certains ont trouvé trop de similitudes avec "Veillée funèbre", d'autres n'ont pas accrochés sur le texte, les amateurs pratiquants ont relevés les petites "pétouilles"...

Il nous faut maintenant confirmer l'essai en améliorant la chose. Cela passe par la confiance, le plaisir de jouer et en gardant quand même la pression, le côté frisson qui met quand même le sel essentiel au paiement de tous nos efforts."

Propos recueillis par Abellia Moullé, après les premières représentations de février 2006.