les fables de Monsieur
Jean de la Fontaine

spectacle théâtral
de l’école Bizu
2004 / 2005


noir

musique
les trois coups

La présentatrice Selma ouvre le rideau avec Antoine puis monte sur la scène.
la Présentatrice:
-Bonsoir mesdames, bonsoir mesdemoiselles et bonsoir messieurs.
Nous allons vous présenter des fables de monsieur Jean de la Fontaine.
Comme elles sont parfois difficiles à comprendre, nous allons vous en expliquer cinq.
Nous espérons que ce spectacle va vous plaire.
Bonne soirée.


1

le Corbeau et le Renard


Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
-Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit: -Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute:
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Jean de La Fontaine, livre I, fable 2


2

Le Lion et le Rat


Entre les pattes d’un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l’étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu’il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu’un auroit-il jamais cru
Qu’un lion d’un rat eût affaire ?
Cependant il avint qu’au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.

Jean de La Fontaine, livre II, fable 11


3
La Cigale et la Fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue:
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
-Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal.
La fourmi n'est pas prêteuse;
C'est là son moindre défaut.
-Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette emprunteuse.
-Nuit et jour, à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
-Vous chantiez? j'en suis fort aise,
Eh bien! dansez maintenant.

Jean de La Fontaine, livre 1 fable 1


4

La Grenouille qui se veut faire
aussi grosse que le Boeuf


Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant: “Regardez bien, ma soeur;
Est-ce assez? dites-moi; n'y suis-je point encore?
-Nenni.
-M'y voici donc?
-Point du tout.
-M'y voilà?
-Vous n'en approchez point.”
La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs;
Tout petit prince a des ambassadeurs;
Tout marquis veut avoir des pages.

Jean de La Fontaine, livre 1 fable 3


5

la Lune

-Je suis la Lune et je ne veux pas laisser faire ce coquin de Renard. Je vais essayer de protéger ces pauvres Poulet d’Inde car je vais gêner le Renard avec ma lumière. Il ne pourra pas chasser! Je suis jaune, je brille, j’éclaire la nuit!

le Renard et les Poulets d’Inde

Contre les assauts d’un Renard
Un arbre à des Dindons servait de citadelle.
Le perfide ayant fait tout le tour du rempart,
Et vu chacun en sentinelle,
S’écria: “Quoi! ces gens se moqueront de moi?
Eux seuls seront exempts de la commune loi?
Non, par tous les dieux! non.” Il accomplit son dire.
La lune, alors luisant, semblait contre le sire,
Vouloir favoriser la dindonnière gent.
Lui, qui n’était novice au métier d’assiégeant,
Eut recours à son sac de ruses scélérates,
Feignit vouloir gravir, se guinda sur ses pattes,
Puis contrefit le mort, puis le ressuscité.
Arlequin n’eût exécuté
Tant de différents personnages.
Il élevait sa queue, il la faisait briller,
Et cent mille autres badinages,
Pendant quoi nul Dindon n’eût osé sommeiller.
L’ennemi les lassait en leur tenant la vue
Sur même objet toujours tendue.
Les pauvres gens étant à la longue éblouis,
Toujours il en tombait quelqu’un: autant de pris,
Autant de mis à part; près de moitié succombe.
Le compagnon les porte en son garde-manger.

Le trop d’attention qu’on a pour le danger
Fait le plus souvent qu’on y tombe.

Jean de la Fontaine, livre XII, fable 18


6

la chanson des fables

Monsieur de la Fontaine
A écrit des bons mots,
Avec ses beaux crayons
Et tous les animaux.

Très malin le poète,
Avec ses très beaux textes,
Il s’est moqué des gens
Sans donner leurs vrais noms.

Il les a remplacés
Par des noms d’animaux:
Le Renard, le Corbeau
Ou le petit Agneau.

Monsieur de la Fontaine
A écrit des bons mots,
Avec ses beaux crayons
Et tous les animaux...

(l’école Bizu, 9/11/4)